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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:37

Elargir, jusqu'où ?

Pierre Verluise, éditions Argos 2013

 

Dans la continuité de sa remarquable "géopolitique de l'Europe", co écrite avec Gérard-François Dumont aux éditions SEDES en 2009, Pierre Verluise récidive sur son sujet de prédilection avec ce petit ouvrage très pratique qui fait le point sur le débat des élargissements européens futurs, les enjeux institutionnels qui les président, et plus largement les politiques européennes de voisinage et de coopération.

Très synthétique, clair, complété par des interview très enrichissante, le livre fait en 188 pages le tour de la question. On peut regretter que le format ne permette pas de profiter pleinement des cartes, elles aussi plutôt claires, bien que l'un d'entre elles ait une légende en trop.

Il ne s'agit pas ici d'un résumé du libre précédent. On s'attachera aux aspects institutionnels, diplomatiques et économiques (y compris énergétiques) des politiques européennes sur ces questions, ce qui donne un bon éclairage des préoccupations, parfois exprimées de manières trop systématiques (réduire la corruption, par exemple, ce qui reste une invocation) de l'Union vis à vis des pays candidats. Les deux ouvrages se complètent donc pour ceux que les questions européennes intéressent particulièrement.

Replacer la question des frontières de l'Union sur le plan géopolitique et stratégique est de mon point de vue une nécessité, qui permet de se détacher de pseudo arguments idéologiques ou historiques, voire civilisationnels qui dominent trop souvent ce débat ces dernières années. Quant à la question du sous-titre, Pierre Verluise en laisse en définitive la réponse aux citoyens de l'Union, mais il leur donne ici de nombreux éléments de réflexion et de décision.

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 12:28

voir le livre

 

MANIFESTE POUR UNE EDUCATION A LA PAIX ECONOMIQUE

Sous la direction de Raffi DUYMEDJIAN et Jean-Marc HUISSOUD

Presses Universitaires de Grenoble

 

Ce livre est pour moi l'aboutissement d'une assez longue histoire. Jeune étudiant à Sciences Po Grenoble, nous souriions beaucoup lorsque notre directeur des études de l'époque faisait son discours de rentrée sur la thématique des Nouveaux Guerriers que nous étions destinés à devenir.

Quelques années plus tard, ce discours ne fait plus rire, tant il s'est généralisé. Au point de Paul Krugman s'est cru obligé de le dénoncer, tel qu'il était répondau dans les cercles de l'administration Clinton, dans "la Mondialisation n'est pas coupable".

Les symptômes d'un malaise dans notre culture de l'économie, de l'industrie et de la vie professionnelle en général se sont en effet aggravés. Responsabilité Sociale des Entreprises, Bien Etre au Travail, Entreprise collaborative, sont des concepts qui font florès dans le milieu du management et qui marquent l'absence et le besoin d'une vraie éthique, bafouée au nom de la guerre économique et de ses impératifs. De l'humanisme correctif, équivalent managerial des ambulances sur la ligne de front.

Pourtant la guerre économique, en tant que phénomène nouveau et supposé né avec la fin de la guerre froide, n'existe pas. Il y a bien une compétition parfois aggressive entre nation, qui se joue aussi sur le plan économique, mais ce n'est pas nouveau. Il y a bien des formes d'aggressions entre acteurs économiques, mais ce n'est pas une guerre, car il lui manque une vraie conception stratégique, une vraie ligne de front, et surtout la perspective et les critères d'une victoire éventuelle. Il y a par contre, cela est sûr, une aggravation des rapports sociaux du travail, avec son cortège de suicides, d'ingérence du management dans la vie privée, de surexploitation des hommes comme des ressources.

Nous tentons dans cet ouvrage d'explorer ce que serait une pensée du management et des relations économiques internationales qui partirait d'un présupposé, ou de l'impératif, de pacification. Pour utopique que cela puisse paraître à certains, ce n'est pas plus faux que de poser le principe d'une guerre justifiant des comportements aggressifs. Et même en admettant l'existence d'une guerre, ou du moins d'un contexte de lutte pour la survie des acteurs, la collaboration et la pérénisation des ressources nous semblent les meilleurs garanties pour l'avenir et la seule chance d'éviter la guerre de tous contre tous.

Ce livre est le début d'une réflexion et d'une collection qui entend la mener. Et nous y invitons tout un chacun.

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 09:37

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51V75SqdoVL._SS500_.jpg

Livre de Peter Hopkirk, traduction d'Olivier Weber, édition française mai 2011, éditions Nevicata

Un grand livre, qui se lit comme un roman (et qui donne envie de relire Michel Strogoff), fantastiquement documenté, bien que plutôt orienté du point de vue britannique, et qui est un vrai bijou de géopolitique, tant historique qu'actuelle.

Si vous voulez comprendre l'Asie centrale, la géopolitique mise en pratique, l'articulation entre géographie, histoire, culture, illusions politiques, ambitions nationales et personnelles, alors c'est un incontournable. Une collection d'erreurs, de paranoïa, d'illusions géographiques et politiques de la part des acteurs.

Et si la géographie sert, d'abord, à faire la guerre, ce livre en est une illustration parfaite, démontrant à quel point les acteurs locaux (Turkmènes, afghans, chinois et autres) doivent nombres de leurs faiblesses et de leurs erreurs (il ont tendance à se surévaluer) face aux anglais et russes à leur ignorance quasi complète de la géographie et des rapports de forces respectifs.

Intéressant aussi de noter les traditions diplomatiques et géostratégiques des puissances (les russes ont-ils vraiment changé?), et le côté répétitif des événements: l'assaut d'ambassade par la foule est une vieille histoire iranienne qui n'a pas commencé en 1979, ou encore l'ancrage dans le temps des régimes despotiques dans cette région, sans parler de la question afghane.

Bref, une lecture enthousiaste.

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 09:25
« LES NOUVELLES GUERRES ECONOMIQUES »
De Christophe-Alexandre PAILLARD, Préface d’Alain JUILLET
 
EAN : 9782708013223 / Prix : 33 euros / 640 pages
Paillard-Nouvelles-guerres.jpg
Les liens entre les problématiques économiques et les questions de sécurité ont toujours été étroits. Avec la mondialisation et l’extrême sophistication des rapports économiques mondiaux, il est de plus en plus nécessaire de disposer de points de repère clefs pour comprendre les nouveaux enjeux géo-économiques du monde.
Cet ouvrage rassemble toutes les questions-clefs des questions d’économie et de sécurité.
Christophe-Alexandre PAILLARD
est directeur des affaires juridiques, des affaires internationales et de l’expertise technologique de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). Il est également maître de conférence à l’Institut d’études politiques de Paris, enseignant à l’ENA (politique européenne de l’énergie), chercheur associé de l’université Bernardo O’Higgins (Santiago, Chili) et intervenant régulier au sein d’organismes tels que l’IHEDN, la FRS ou l’HCFDC. Administrateur civil hors classe, ancien élève de l’Ecole nationale d’administration, ancien auditeur de l’Institut diplomatique des Affaires étrangères (2004), il est diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, titulaire d’un DESS de sociologie des organisations et d’une maîtrise d’histoire russe (Paris IV Sorbonne).
 
 
 
Alain JUILLET
est Président de l’Académie de l’intelligence économique. Il est également Conseiller senior au sein du cabinet d’avocats
Orrick Rambaud Martel . Ancien Haut responsable pour l’Intelligence économique auprès du Premier ministre de 2004 à 2009, il a été directeur du renseignement  de la DGSE de 2002 à 2004. Il était également PDG de Marks and Spencer France (2001/2002) et a occupé des fonctions de direction générale au sein de Suchard-Tobler, de l’Union Laitière Normande,  de la Générale Ultra-Frais  (filiale du groupe Andros) et de France Champignon entre 1986 et 2001, après une longue carrière au sein du groupe Pernod Ricard. Diplômé du CPA et de Stanford university, il est ancien auditeur de l’Institut des Hautes Etudes de la Défense nationale (Promotion 1987/1988) et de l’Institut des Hautes Etudes de Sécurité intérieure (Promotion 1990).
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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 09:10

Pearson / Banque Mondiale

Rapport 2010 sur le développement dans le monde : Développement et changement climatique

ISBN 978-2-7440-7460-8 

Pearson nous livre ici son édition papier du rapport annuel de la banque mondiale sur le développement, rapport orienté fortement sur les questions en liens avec les impacts du changement climatique sur les perspectives de développement. Les causes directes, mais aussi les déséquilibres indirects induits par les solutions envisagées à la limitation des émissions à effets de serre, sont abordées.

Une mine d'informations pertinentes et parfois dérangeantes sur une question fondamentale pour l'avenir, même si bien sûr les indicateurs choisis par les organismes internationaux ne sont pas les seuls possibles.

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 13:14

Philippe Moreau Defarges

La guerre ou la paix demain?

Collection “25 questions décisives”

Paris, Armand Colin, 2009, 160 p.

 

 

Spécialiste des questions géopolitiques et enseignant prestigieux à Sciences-Po Paris, Philippe Moreau Defarges nous donne dans ce petit livre les éléments pour une analyse lucide et équilibrée du monde dans lequel nous vivons. Organisé en quatre parties – Questions préliminaires, Les Prédateurs?, Engrenages et imprévus, Dynamiques pacificatrices? –, l’ouvrage fait à la fois le tour des grandes questions internationales qui structurent, déséquilibrent et défient l’espace mondial tout en proposant des perspectives de réflexion qui mobilisent, outre l’histoire et les sciences sociales, la philosophie politique, le droit et l’anthropologie.

Il ne serait être question de résumer ici un livre qui, en de courts chapitres, dresse un état de la question très utile pour tous les lecteurs et notamment les étudiants qui y découvriront la méthode de la réflexion sur les questions internationales par l’exemple. Chacune des réponses aux vingt-cinq questions posées est une sorte de “dissertation” comme on aimerait qu’en soient capables les étudiants de classes préparatoires. En fait, le livre, par-delà son aspect simple, pose des enjeux considérables.

Premier enjeu : le poids de l’histoire. Il n’y a de situation qui ne soit le résultat d’évolutions antérieures. La formule peut paraître élémentaire, elle renvoit en fait à l’épaisseur, à la densité du passé en ce qu’il conforme notre présent. D’où l’impérieuse nécessité de le connaître pour, premièrement, disposer des éléments de compréhension du présent, deuxièmement, pénétrer dans les représentations des populations concernées. Car l’histoire crée du décalage et donc un jeu formidable entre les groupes et les individus. Ces décalages sont selon le cas des fissures, des fentes, des failles, des fossés. On ne les traverse pas de la même façon! Si la politique est l’ambition d’organiser la vie et la coexistence des femmes et des hommes, elle ne peut éviter ce détour par le poids handicapant de l’histoire. Et n’oublions pas que les grandes utopies totalitaires du xxesiècle, en prétendant faire table rase de l’histoire et inaugurer une nouvelle humanité, ont démontré par la tragédie qu’une humanité sans histoire est encore plus terrifiante et douloureuse.

Deuxième enjeu, dont on comprendra qu’il découle directement du premier : les temporalités différentes qui parcourent la planète. Cette réflexion naît de la lecture de la quatrième partie dans laquelle notre auteur cherche à analyser les “dynamiques pacificatrices” qui émergent ici ou là. Ces dynamiques – les droits de l’homme, la tolérance, les femmes, l’ONU, les mécanismes de surveillance inter et supra-étatiques – s’ancrent dans un tissu international traversé de contradictions. Mais on peut lire ces contradictions comme la résultante du choc, non pas des civilisations, mais des trajectoires historiques. La question des droits de l’homme et le thème des femmes sont tout à fait significatifs. Les conceptions différentes qui se heurtent dans les forums internationaux relèvent autant de débats philosophiques que d’évolutions distinctes. Une conception, largement héritée de l’hégélianisme, pousse le monde occidental à se percevoir comme une avant-garde de l’humanité. D’autres cultures, d’autres États opposent à cet occidentalo-centrisme une résistance d’autant plus légitime qu’elle repose sur des conflits politiques entre eux et l’Occident. Aucune conciliation n’est en réalité possible entre ces divergences. La foi démocratique qui parcourt et traverse le monde occidental aboutit en effet à l’aporie suivante : au nom des valeurs démocratiques, il convient de respecter les différences. Cette situation légitime alors la critique par les autres de la démarche démocratique. C’est un cercle vicieux sur le plan intellectuel dont on ne sort – tel est le sentiment du lecteur lorsqu’il lit Moreau Defarges – que par l’action politique et diplomatique.

Le troisième enjeu apparaît alors énorme et redoutable : le monde a comme jamais besoin d’une “gouvernance” mondiale. Comment la bâtir alors que le système international reste fondé sur les États, que ceux-ci sont plus ou moins stables, que les passions collectives les soumettent à des engrenages déstabilisateurs? Comment la bâtir alors que manque le cadre conceptuel pour le faire, mais pas tous les instruments de la sécurité collective qui ont accompagné les processus de mondialisation de l’activité économique depuis la seconde moitié du xixe siècle? Comment le faire sans ignorer qu’elle sera d’abord le résutat de rapports de forces entre les puissances? Ainsi, loin de croire à une possible fin de l’histoire, Philippe Moreau Defarges nous la rappelle en train de se faire!

Aussi le dernier mot du titre de son livre – demain? – accompagné par ce point d’interrogation est-il à la fois angoisse d’avenir et promesse d’espoir.

 

Benoît Pellistrandi

Lycée Hélène Boucher, Paris

 

 

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19 mars 2009 4 19 /03 /mars /2009 15:10


Pierre Verluise,
20 ans après la chute de Mur.
L’Europe recomposée,
Paris : Choiseul, 2009
 http://www.diploweb.com/20-apres-la-chute-du-Mur-L-Europe.html

Extrait de la préface de Jean-Dominique Giuliani, Président de la Fondation Robert Schuman.

"Parmi les ouvrages qui s’intéressent à la construction européenne, celui de Pierre Verluise offre un regard particulier sur la réunification de l’Europe après la fin du communisme. Avec les yeux du commentateur engagé, il nous fait revivre ces événements si forts que furent la chute du mur de Berlin ou l’élargissement de l’Union européenne. Il a vécu ces moments inoubliables. Il les raconte en témoin et ce n’est pas sans émotion que l’on revit ces instants qui ont marqué un changement de monde."

Le 9 novembre 1989, une foule immense abattait le mur de Berlin, symbole d’un monde bipolaire. Mstislav Rostropovitch jouait les Suites de Bach, les caméras du monde entier étaient braquées sur l’Allemagne, un vent de liberté soufflait… Aujourd’hui, la Guerre froide n’est plus qu’un lointain souvenir. L’Union soviétique a disparu, les États-Unis sont devenus la seule puissance globale et la géopolitique de l’Europe a été révolutionnée. Vingt ans ont suffi à opérer de profonds changements dans les relations internationales. Des stratégies déployées par les États-Unis pour défaire le bloc soviétique, à l’émergence d’une Union européenne rassemblant vingt-sept Etats, cet ouvrage révèle les aspects les plus méconnus du chemin parcouru : jeux américain et russe, ambiguïtés de la relation franco-allemande, enjeux des élargissements de l’OTAN, intégration d’anciens pays communistes à l’Union européenne… A travers de nombreux témoignages et entretiens recueillis par l’auteur, qui marquent l’originalité de cet essai, Pierre Verluise dégage les lignes de force de la saga européenne. Il nous donne les clés pour comprendre les enjeux et les perspectives de l’Europe du XXIe siècle.

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