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30 mai 2014 5 30 /05 /mai /2014 12:28

Par Jean-Paul Guichard

Economiste, Chaire Jean Monnet ad personam de l’Union Européenne, auteur avec Antoine Brunet de « La visée hégémonique de la Chine, l’impérialisme économique » (l’Harmattan, 2011).

 

Le texte qui suit a servi de support à une conférence du même titre lors du 6e festival de géopolitique de Grenoble - 2-6 avril 2014.

 

La crise récente des relations entre la Russie et l’Occident à propos de l’Ukraine et de la Crimée suscite une question : y aurait-il à l’œuvre un nouvel impérialisme russe ? L’hypothèse à la base de la présente réflexion est qu’en matière de relations internationales Moscou est guidé par un double objectif de reconstruire avec la Russie et son environnement un pôle économique et politique puissant et de maintenir l’intégrité territoriale du pays face à la formidable montée de la puissance chinoise, une menace pour la Sibérie qui nécessitera à long terme une entente avec l’union Européenne.

On trouve dans tous les établissements d’enseignement de Chine une carte « historique », celle d’une grande Chine, au 17ème siècle, incluant une partie du Kirghizstan, une partie du Kazakhstan, la totalité de la Mongolie, la quasi-totalité de l’Extrême Orient russe et le sud de la Sibérie ; les dirigeants russes ne l’ignorent pas. La Sibérie au sens large[1] constitue une énorme partie de ce pays composite qu’est la Fédération de Russie : une région presque vide ayant une frontière de plus de 4 000 kms avec le pays le plus peuplé de la planète, la Chine. La Russie, dont la population déclinait jusqu’à une date récente, particulièrement en Sibérie, saura-t-elle maintenir sa souveraineté sur cet immense territoire ?

Cette question est au cœur de la politique russe aujourd’hui ; c’est évidemment aussi celle des relations avec la Chine dont on craint qu’elles pourraient évoluer, à terme, vers la remise en question des traités « inégaux » passés jadis avec l’Empire Russe. L’hypothèse qui sera privilégiée ici est que les dirigeants russes, en dépit des apparences de la coopération russo-chinoise et du traité de Shanghai, craignent beaucoup la montée en puissance chinoise et envisagent des contre-feux, notamment « l’Union Eurasiatique »[2] qui pourrait devenir un instrument de résistance, en Asie, à la pénétration chinoise.

La Russie actuelle a des frontières récentes, à l’échelle de l’histoire, dans le Caucase et en Extrême-Orient : ce sont les régions pour lesquelles Moscou a des craintes concernant la pérennité de sa souveraineté.

La Sibérie, un élément « historique » de l’Empire russe

La Russie constitue un pays relativement jeune comme l’avait déjà remarqué, au 19ème siècle, Alexis de Tocqueville. A partir de sa naissance en 1276, la Principauté de Moscovie s’étend progressivement pour devenir la Russie. Au 16ème siècle, l’aggravation et la généralisation du servage entraîne une fuite de paysans vers les marches de l’Empire : les « cosaques » vont alors jouer, précisément, un grand rôle dans la conquête et le peuplement de la Sibérie qui commence ; la présence russe dans cette région du monde est donc ancienne[3] : on pourrait dire que cette colonisation est l’un des éléments fondamentaux du processus par lequel la Russie s’est formée en tant qu’ensemble politique.

Les territoires situés en extrême orient, au contact des fleuves Amour et Oussouri[4] sont d’acquisition bien plus récente. L’expansion russe s’était heurtée à la puissance chinoise ; par le traité de Nertchinsk (1689), les monts Stanovoï et le fleuve Argoun[5] constituent alors la frontière entre les deux pays : la Russie renonçait ainsi à l’accès à la mer du Japon. Deux siècles après, la situation avait considérablement changé : l’Empire du Milieu était affaibli, dépecé par les puissances occidentales ; les interventions anglo-françaises étaient pain béni pour le pouvoir tsariste qui pouvait alors imposer le traité « inégal » d’Aigun en 1858 et, ce qui l’aggrave, signer la convention de Pékin (1860). Cela avalisait le travail entrepris à partir de 1850 par le général Mouraviov visant à coloniser la région de l’Amour : étaient cédées par la Chine la souveraineté sur les territoires situés au nord de l’Amour et à l’est de l’Oussouri (les frontières naturelles) ainsi qu’une partie de la Mandchourie[6].

Ainsi, il apparaît, si on considère les trois « districts fédéraux » qui composent la Sibérie au sens large, l’Oural, la Sibérie, l’Extrême-Orient, que le premier n’est concerné en rien par de quelconques visées chinoises ; il n’en va pas de même pour les deux autres qui sont très largement concernés par des revendications territoriales « latentes » de la Chine.

La Chine et les territoires russes d’Asie

En dépit du discours officiel selon lequel il n’y a plus de contentieux frontalier avec le grand voisin du nord, la présence de cartes historiques d’une grande Chine dans les établissements d’enseignement témoigne d’une volonté d’entretenir la mémoire des « traités inégaux »[7] en même temps que celle de faire admettre à un large public la fiction d’une grande Chine largement inventée.

Le district fédéral de Sibérie compte 12 unités ; neuf d’entre elles sont concernées en totalité[8] ou en partie[9] par cette revendication implicite, c’est-à-dire qu’elles appartiennent en tout ou partie à l’ensemble délimité par cette carte. Cela représente un territoire d’une surface d’environ 3.150.000 km² pour une population de près de 10.500.000 habitants. Pour l’Extrême-Orient, sont concernés en totalité les oblasts de l’Amour et du Birobidjan ainsi que les Kraïs de Khabarovsk et de Primorie (Vladivostok) : un  territoire de 1.350.000 km² pour une population d’un peu plus de 4.000.000 d’habitants.

L’addition générale est impressionnante : 4.500.000 km² et une population de 14.500.000 personnes[10]. Toutefois cette addition doit être relativisée : les territoires d’Extrême-Orient font partie de la Russie depuis les traités inégaux tandis que, plus à l’ouest, les territoires russes avaient été reconnus de fait par l’empereur de Chine du fait de la signature du traité de Nertchinsk dont on nous apprendra peut-être un jour que, lui aussi, était « inégal » !

A l’évidence, les revendications territoriales seront d’abord relatives à la région de l’Amour et de l’Oussouri avant de gagner des territoires situés au nord de la Mongolie. Ce sont d’ailleurs bien ces territoires (Amour, Khabarovsk, Primorie, Birobidjan) ainsi que l’ancien oblast de Tchita (qui fait maintenant partie du Kraï de Transbaïkalie) qui firent l’objet de revendications effectives de la direction chinoise, à la fin des années 1960 (lorsqu’il y eut des incidents et des accrochages militaires frontaliers en 1969) à la grande fureur de Moscou.

Bien sûr, les temps ont changé ; la rupture entre la Chine et l’Union Soviétique (désignée alors par le pouvoir maoïste comme « l’ennemi principal ») et l’alliance politique nouée entre Mao et Nixon ont marqué une période de l’histoire ; en 1989, M. Gorbatchev, pendant les évènements du « printemps de Pékin », normalisait les relations avec le grand voisin du sud et, en 1995, ce rapprochement devenait une quasi alliance qui se concrétisait en 1996 par le traité de Shanghai[11].

Bien que les frontières soient considérées par les signataires comme « intangibles », des évènements plus ou moins récents (Moldavie, Géorgie, Crimée[12]) montrent que cela est très relatif. On peut donc imaginer que puissent réapparaître à terme des différends frontaliers – sous des formes qui ne seraient pas nécessairement classiques – entre la Chine et la Russie ; comment ne pas être frappé par la disproportion entre les peuplements situés de part et d’autre de la frontière : 4 millions d’habitants dans les provinces russes de l’Amour et de l’Oussouri occupant 1,35 millions de km² contre près de 40 millions d’habitants dans la province chinoise qui leur fait face, le Heilongjiang, qui occupent  seulement 260.000 km² ; côté chinois, une population dix fois supérieure disposant de trois fois moins d’espace… Il en résulte une forte immigration chinoise vers ces régions, en dépit des efforts des autorités russes pour en limiter le volume[13]. De plus en plus de chinois, majoritairement des hommes, s’installent légalement ou non de l’autre côté de la frontière : à la suite de firmes chinoises qui les emploient[14] ou bien de façon individuelle, comme salariés d’entreprises russes ou comme entrepreneurs individuels, notamment commerçants.  Cette population, dans les grandes villes comme Vladivostok, Khabarovsk ou Irkoutsk, est désormais importante ; son volume reste toutefois très imprécis : les incertitudes concernant les statistiques démographiques étant, dans le cas d’espèce, accrues du fait de pratiques illégales liées à la corruption[15].

Cette présence étrangère qui augmente rapidement doit être mise en relation avec les données démographiques générales de la Russie et celles qui se rapportent à l’ensemble de la Sibérie. Après une baisse générale de la population, certaines unités administratives septentrionales ont perdu en l’espace de 20 ans jusqu’à 30 ou 40 % de leur population, alors qu’ailleurs, notamment en Sibérie du sud et dans les provinces de l’Amour et de l’Oussourie, la baisse quoique sensible était bien moins élevée, de l’ordre de 3 à 10 %.

Depuis quelques années toutefois, la tendance s’est inversée : la population a cessé de diminuer, conséquence, en partie au moins, de la politique nataliste menée par le gouvernement[16]. De façon concomitante, la part de la population chinoise au sein de la population des provinces du sud-est de la Russie continue à croître.

Contentieux historique, déséquilibre démographique de part et d’autre de la frontière, immigration, il y a un autre facteur qui peut faire craindre, à long terme, une mainmise chinoise sur ces territoires : la logique expansionniste de la politique de Pékin dont il faut dire un mot.

Lorsque M. Deng est revenu aux affaires, en 1978, un tournant a été pris par l’Empire du Milieu : celui du retour au capitalisme tout en conservant l’héritage totalitaire[17]. La Chine est donc aujourd’hui dotée d’un capitalisme, extrême en ce sens que les travailleurs n’ont quasiment aucun droit, assurant la prospérité d’une oligarchie corrompue régnant sur les entreprises, le parti unique (le PCC, Parti Communiste Chinois) et l’Etat. Comme dans tout régime totalitaire, il faut une idéologie officielle afin de canaliser le désir des masses et éviter qu’elles ne se révoltent ; or les inégalités sont d’une ampleur telle qu’il fallait bien mettre en sourdine puis abandonner le discours du marxisme-léninisme, de la lutte des classes[18] et de la dictature du prolétariat qui porte en lui un idéal d’égalité ! il fallait rompre une bonne fois pour toutes avec cette notion de « classe » qui suppose qu’il y a des intérêts divergents entre les composantes d’une société ; dans le courant des années 2000, M. Hu Jintao inventait donc un nouveau « concept » à usage interne : la « société harmonieuse » découlant d’une lecture très inspirée de Confucius ; grâce à celui-ci, illustration du génie du peuple chinois, on apprend que les oppositions n’ont pas lieu d’être dans la culture chinoise, ce qui explique et justifie le parti unique ! La démocratie n’est donc qu’une invention « occidentale » qui ne saurait correspondre aux besoins du peuple chinois. Malheureusement pour le pouvoir en place, cette notion de « société harmonieuse » n’est pas mobilisatrice.

Comment donc maintenir des inégalités extrêmes sans mettre en danger l’ordre social qui les engendre ? Le nationalisme, l’affirmation que la Chine est injustement traitée dans le monde et qu’elle n’a pas la place qui devrait être la sienne restent une recette éprouvée ; l’Etat-Parti ne se prive pas de l’utiliser largement, principalement dans ses relations avec le Vietnam et le Japon aujourd’hui[19], peut-être dans ses relations avec d’autres pays à l’avenir.

L’expansionnisme chinois est principalement orienté vers l’est et le sud-est aujourd’hui. Pour cela, il lui était nécessaire de s’allier, même provisoirement, avec le grand voisin du nord ainsi qu’avec  les pays turcophones d’Asie Centrale : aux fins d’avoir leur appui face aux dangers du terrorisme ou du séparatisme au Xinjiang (province turcophone) principalement mais aussi face à l’agitation internationale à propos du Tibet ou bien face aux protestations que suscitent les coups de force chinois en mer de Chine.

Du côté de la Russie, il s’agissait sans doute d’obtenir des appuis sur la question du Caucase[20], d’éliminer la présence américaine en Asie Centrale[21], d’être débarrassé de tout souci de frontière avec le grand voisin pour une période longue, enfin de pouvoir éventuellement bénéficier de la compréhension de celui-ci pour ce qui concerne les rêves de contrôle et d’exploitation des richesses de l’Océan Arctique[22]. Sans doute, est-ce sur ce genre d’intérêts croisés que repose le traité de Shanghai qui est donc appelé à durer un certain temps.

Il arrivera bien un moment où les changements dans le  peuplement du Xinjiang et celui des provinces de Mongolie intérieure seront suffisamment avancés du point de vue du gouvernement, les migrations intérieures cumulées aboutissant à rendre les Hans largement majoritaires : il sera alors possible à l’expansionnisme de Pékin de se manifester dans cette région ; la proie toute désignée sera alors la Mongolie dont la séparation d’avec la Chine est récente : elle ne date que du 1er décembre 1911, le jour où la Mongolie proclama son indépendance à la faveur de la révolution[23] ; on doit noter ici que l’éventuelle demande de rattachement de la Mongolie à la Chine poserait à la Fédération de Russie un double problème : celui de devoir renoncer à un  allié traditionnel  constituant un glacis entre la Russie et la Chine d’une part, celui de risquer de voir ultérieurement sa souveraineté contestée sur l’oblast de Touva, détaché de la Mongolie en 1921 ; une telle revendication de la part de la Chine constituerait pour la Russie une provocation : ce serait la rupture !

Sauf bien entendu, si de façon très cynique était rééditées avec  la Mongolie les dispositions secrètes du pacte germano-soviétique de 1939 prévoyant le partage de la Pologne et sa disparition en tant qu’Etat ; pour qu’une telle hypothèse soit crédible, il faudrait que la Fédération de Russie évolue vers un régime totalitaire ; ce n’est certes pas impossible, toutefois, en dépit du caractère autoritaire du pouvoir en place[24], il semble peu probable que le peuple russe se laisse entraîner dans une telle dérive.

 


[1] Au sens très large, la « Sibérie » comprend les 3 « districts fédéraux » suivants : Oural (12,2 millions d’habitants et 1,79 millions de km²), Sibérie (19,5 millions d’habitants et 5,11 millions de km²), Extrême-Orient (6,5 millions d’habitants et 6,21 millions de km²) ; au total : 38 millions d’habitants qui occupent 13,1 millions de km².

Dans ce qui suit on envisagera un domaine plus restreint, la « Sibérie » et « l’Extrême-Orient » : 26 millions d’habitants occupant 11,3 millions de km².

[2] L’Union Eurasiatique est à ce jour l’utopie de la constitution d’un grand ensemble centré sur la Russie,  fonctionnant un peu sur le mode de l’Union Européenne. Il y a trois pays fondateurs : le Kazakhstan (son Président semble être à l’origine de l’idée), la Russie et la Biélorussie. Le Kirghizstan, le Tadjikistan et l’Arménie ont déclaré leur intérêt pour ce projet.

[3] Les villes sibériennes occidentales sont fondées vers 1600 : Tioumen (1586), Tobolsk (1587), Tomsk (1604). Plus à l’Est, l’Océan Pacifique est atteint en 1640 par des explorateurs ; un fort est construit à Iakoutsk en 1629, un comptoir de commerce s’établit à Irkoutsk en 1625 qui deviendra « ville » en 1686 puis capitale de la Sibérie Orientale. Le détroit de Béring et l’Alaska sont explorés à partir de 1740.

[4] Il s’agit de l’oblast de l’Amour, de l’oblast autonome du Birobidjan, du Kraï de Khabarovsk, du Kraï de Primorie (Vladivostok/Oussouri), de l’oblast de Sakhaline.

[5] Les monts Stanovoï, inhabités, séparent le bassin du fleuve Lena au Nord de celui du fleuve Amour au sud ; le fleuve Argoun constitue la frontière entre la Chine et la Russie sur près de 1 000 kms. William Cox, dont l’ouvrage est traduit en français (« les nouvelles découvertes de la Russie », 1781) donne des précisions sur le traité de Nertchinsk : « Par les 1er et 2ème articles, les limites sud-est de l’empire de Russie furent fixées à une chaîne de montagnes qui se prolongent au nord du fleuve Amour, depuis la mer d’Okhotsk jusqu’à la source de la petite rivière Gorbiza, ensuite de cette rivière jusqu’à son embouchure dans l’Amour et enfin à l’Argoun, depuis la jonction  avec la Shilka jusqu’à sa source ».

[6]A peu près à la même époque, était signé avec le Japon, en 1855, le traité d’amitié de Shimoda par lequel la frontière commune passait au milieu des îles Kouriles et qui faisait de l’ïle de Sakhaline une possession commune : le nord pour la Russie, le sud pour le Japon ; par le traité de Saint-Pétersbourg (1875), le Japon renonçait à sa part  dans Sakhaline contre la souveraineté de la totalité des îles Kouriles.

[7]Il n’y a pas que les cartes : de nombreux musées sont consacrés à ce thème des territoires arrachés à la Mère-Patrie.

[8]Les républiques d’Altaï, de Touva, de Bouriatie, de Khakassie ; les Kraïs de l’Altaï et de Transbaëkalie.

[9]Le Kraï de Krasnoïarsk et les oblasts de Kemenovo et d’Irkoutsk.

[10]Cela est encore plus saisissant si on ajoute la totalité de la Mongolie (1.500.000 km²) et une partie du Kazakhstan !

[11]Le traité de Shanghai (Russie, Chine, Kazakhstan, Kirghizstan et Tadjikistan) a pour objet de régler des problèmes de frontières (avec le principe de leur intangibilité) et, corrélativement, de réduire les forces armées aux frontières, de lutter contre le terrorisme et le « séparatisme », de promouvoir la coopération économique.  Cela répond notamment aux inquiétudes russes dans le  Caucase  et chinoises au Xinjiang. En 2001, est créée l’organisation du traité de Shanghai en même temps que l’Ouzbékistan adhère au traité. Dans les années suivantes, d’autres pays sont admis comme observateurs : la Mongolie (2004), le Pakistan, l’Inde et l’Iran en 2005, et l’Afghanistan en 2012.

[12] A ces références, notamment celle de la Crimée, on pourrait ajouter la scission du Kosovo obtenue, contre la Serbie, par une partie des membres de l’OTAN.

[13]Les efforts des autorités sont contrecarrés par la forte corruption qui existe dans les Administrations.

[14]A Oussourisk (175.000 habitants), ville située à 50 kms de la frontière, de nombreuses entreprises chinoises se sont établies, qui fonctionnent avec … de la main-d’œuvre chinoise !

[15]Certaines estimations font état d’une population étrangère de dix millions de personnes vivant clandestinement en Russie.

[16]Une illustration de cette reprise est fournie par l’évolution entre 2010 et 2013 des grandes villes : Vladivostok passe de 592 000 à 600 000 habitants (+ 0,4 % par an), Khabarovsk de 577 000 à 593 000 habitants (+ 0,8 % par an), Irkoutsk de 588 000 à 606 000 habitants (+ 1 % par an).

[17]L’utopie du totalitarisme réside dans l’atomisation des individus impuissants face à la toute-puissance de l’Etat, sans aucune instance intermédiaire (lieu de pouvoir) entre eux et l’Etat.

[18]Contrairement à une idée fort répandue, la notion de « classe » n’est pas due à Karl Marx mais à un historien français, Guizot (cours à la Sorbonne, 1828).

[19]En janvier 1979, la Chine déclenche une guerre contre le Vietnam qui venait d’intervenir en décembre 1978 contre le pouvoir des « khmers rouges » au Cambodge. Ce coup de force a été précédé de la récupération par la force de quelques îlots des îles Spratley, précédemment occupés par Taiwan et par le Vietnam. La Chine revendique la souveraineté sur ces îles, pourtant fort éloignées de son territoire, bien plus près du Vietnam et des Philippines, comme elle revendique la souveraineté sur l’ensemble des mers de Chine méridionale et orientale (incluant les îles Senkaku). A l’appui de cela : des incidents militaires, des manifestations antijaponaises et des atteintes aux intérêts japonais en Chine en 2012/2013.

[20]On pourrait dire que le Caucase, principalement la Tchétchénie, est à la Russie ce que le Xinjiang est à la Chine.

[21]Notamment de la concession d’une partie de l’aéroport de Bishkek (Khirghizstan).

[22]En matière maritime, on pourrait imaginer un deal entre russes et chinois : les premiers appuyant les seconds pour la mer de Chine, contre un appui réciproque concernant l’océan arctique.

[23]La Mongolie actuelle est un vaste territoire, peu peuplé (1 557 000 km² pour 2 750 000 habitants). A partir de son indépendance en 1911, la « Mongolie autonome » est divisée en deux parties : la Mongolie « intérieure », région autonome chinoise et la Mongolie extérieure, l’actuelle Mongolie pour l’essentiel, perdant tout de même la région de Touva, devenue en 1921 un oblast russe. Face au Japon, la solidarité URSS/Mongolie sera étroite, notamment en 1939. Plus tard, menacée de voir la Mongolie annexer la « Mongolie intérieure » avec l’appui de l’URSS, la République de Chine accepte de reconnaître l’indépendance mongole en octobre 1945. Il en sera de même pour la République Populaire de Chine en 1949.

[24]Ce n’est pas le lieu, ici, d’analyser la nature du pouvoir exécutif existant actuellement en Russie ; toutefois, l’existence des « temniki », les directives qu’envoie l’Administration Présidentielles aux médias, chaque semaine, constitue un marqueur indiscutable d’autoritarisme dans le système de pouvoir.

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Published by Jean-Paul Guichard - dans Asie
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