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26 août 2010 4 26 /08 /août /2010 06:43

Vous pouvez aller voir Expendables si vous êtes un nostalgique des films d’action Américains des années 80 /90. Vous aurez alors un film vintage, plein de muscles (un peu ramollis) et de bruits (beaucoup), avec des méchants très méchants et des gentils pas très tendres. C’est à peu près aussi crédible que Rambo III, mais bon, on peut aimer.

Vous pouvez y aller pour le court trilogue Willis/Stallone/Schwarzenegger : un vrai bijou, mais très court.

Au milieu de la succession de bruits d’explosions, d’aphorismes selon Jean-Claude, de bimbos aimant la sueur et d’évocation du bon vieux temps, on peut passer à côté de quelque chose de plus profond, qui aurait peut-être mérité d’être plus explicite, mais qui montre que Stallone (le vrai) n’est pas aussi bas du front que ses personnages, et que l’Amérique a un peu de mou dans le genou.

Dans les années dont j’ai parlées, les Bruce Willis, Arnold Schwarzenegger, Jet Li, Dolf Lundgren et autres avaient bien servi Hollywood et la bannière étoilée. C’était l’époque ou le Pentagone passait commande de film à la gloire de l’armée, des marines, de l’Air Force, de la Navy, des Seals, des Delta Force, etc.… Où l’Amérique de Reagan et Bush père semblait chercher à exorciser le traumatisme du Viêt-Nam, et s’inquiétait de recruter pour ses forces armées. Elle mettait donc en scène les vrais héros de l’Amérique, ceux grâce à qui, malgré les erreurs des politiciens ou de leurs officiers, le communisme, les mafias, les dictatures, les terroristes en prenaient quand même « plein la gueule » un peu partout dans le monde. Stallone abattait des hélicos russes à l’arc en Afghanistan, Bruce Willis empêchait les ex de l’extrême-gauche allemande de faire sauter des buildings et des avions en le faisant lui-même, bref : l’Amérique avait des c…

Avec Expendables (les sacrifiables), le scénario a changé. La bande de mercenaires au bon cœur affrontent ici non pas une dictature rouge d’Amérique du Sud (on le croit un instant), mais une dictature militaire manipulée par un ex de la CIA, dont l’objet est purement de se servir de leur petit paradis comme machine à fabriquer de la cocaïne. Stallone et sa bande de pote sont dans un premier temps recrutés par la CIA pour démonter l’affaire, mais ils comprennent vite que ce qui intéresse les gens de Langley, c’est de remettre la main sur le trafic et ses revenus, pas de le combattre. Le dictateur, lui, a des états d’âme et voudrait le bien de son peuple (il s’y prend mal). Les clichés en prennent un coup.

Finalement, les héros vont y aller, pas pour l’argent ni pour la patrie, mais pour sauver leur âme, entre potes. C’est vrai que c’est plus facile quand c’est Giselle Itie qui incarne la belle à sauver.

Si le film reste dans le ton des super héros, c’est avec amertume et le sentiment d'avoir été trahis. On entend les guillemets quand ils évoquent l’époque où ils combattaient les « méchants » serbes en Bosnie. Stallone règle ces  comptes: ce n’est pas le monde qui a besoin d’être nettoyé, c’est l’Amérique et ce qu’elle a fait de ses valeurs, à travers les mensonges et la propagande, la dérive impérialiste, le cynisme de ses politiciens et des agences. Les héros, et les acteurs, eux, n’ont pas perdus les leurs.

C’est évident, Stallone fait de la contre propagande.

Si même les porteurs musclés de la bannière étoilée se mettent à douter, alors…

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Published by Jean-Marc Huissoud - dans Amériques
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