Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 07:31

En janvier 2013, la bonne nouvelle c’est que le monde va (il n’a pas disparu le 21 décembre 2012) et la mauvaise c’est que le monde va … mal. La lecture des articles de presse en ce début d’année est une vraie source de désespoir. L’Europe peine à sortir de la crise et à retrouver un nouveau souffle, les risques souverains espagnol et italien restent préoccupants, les programmes d’austérité adoptés dans les pays européens pèsent de plus en plus lourds sur les sociétés, un krach financier aux Etats-Unis est prédit par un grand nombre d’économistes, le climat se dégrade, la répartition des revenus est de plus en plus inégalitaire dans la plupart de pays du monde, plusieurs pays d’Afrique n'arrivent pas à enrayer la famine…

Le bilan mensuel de fin d’année de l’International Crisis Group (ICG), think tank basé à Bruxelles qui suit les zones de conflit dans le monde, ajoute une touche supplémentaire dans cette caractérisation de l’état de la planète. Nombreux sont les conflits qui échappent aujourd’hui à la gouvernance mondiale : Centrafrique, Chine et Japon, Corée du Nord, Syrie… Rajoutons à cela la longue liste de l’ICG identifiant les foyers de tension « stables », ceux où la situation ne s’est ni aggravée, ni améliorée en décembre 2012 : l’Afghanistan, la RDC, le Mali, Israël, la Palestine, la Tunisie, l’Egypte, le Mexique, etc. La gouvernance mondiale est devenue totalement défaillante, aux dires des analystes.

Bref, le monde est en crise.

Dans ce bain de désespoir, le regard cherche dans les titres d’articles ceux qui pourraient apporter une petite touche d’optimisme, la tête  - des arguments pour atténuer cette série de diagnostiques déprimants.

Il me semble particulièrement important de dédramatiser la situation.

Oui, tout ne va pas bien dans le monde. Mais à quelle époque allait-il parfaitement bien ? Toute l’histoire de l’humanité est une longue succession de périodes de crise si diverses dans leurs origines et leur manifestation, et de périodes d’apaisement de tensions. Oui, de nouvelles solutions sont nécessaires pour résoudre des problèmes les problèmes de l’Union européenne. Mais depuis 1945, l’ensemble de la construction européenne n’a-t-elle pas été une recherche permanente de nouvelles solutions pour faire avancer le projet européen ? Oui, la gouvernance mondiale connaît d’importantes défaillances. Oui, l’ONU se montre de plus en plus dépassée. Oui, des actions régionales en Afrique, au Moyen Orient comme en Asie n’ont pas l’efficacité supposée. Mais toutes ces raisons ne sont-elles pas suffisantes pour agir , agir dès maintenant afin de prévenir, d'éviter et de limiter un maximum l'expansion des conflits dans le globe ?

Pourquoi ne pas faire le premier pas et envisager une nouvelle forme d’institution(s) internationale(s) plus adaptée et donc plus légitime dans le monde de 2013. Depuis déjà plusieurs années, voire décennies, l’ONU, fondée en 1945 après la Seconde Guerre mondiale pour « remplacer la Société des Nations, afin d’arrêter les guerres entre pays et de fournir une plate-forme de dialogue », n’a plus la légitimité nécessaire pour arbitrer les relations de plus en plus complexes entre acteurs internationaux du fait de changement de leur nature, de leur nombre et d’un contexte international transformé. La légitimité est une condition nécessaire à l’exercice du pouvoir à long terme. C’est la raison pour laquelle il est amplement temps de commencer à réfléchir à ce qui pourrait être la base d’une nouvelle forme de gouvernance mondiale, une gouvernance multiniveaux(dépassant la logique étatique), multicentres (une sorte de l’ONU décentralisée avec plusieurs composantes chacune ayant ses propres sources de légitimité), flexible, disposant de moyens d’action efficaces. A ce titre, pourquoi ne pas commencer par la création d’un groupe de réflexion, ou plutôt des groupes de réflexion dans les différentes parties du globe, liées par la même valeur – la paix – et ayant pour but d’esquisser les nouveaux fondements de cette nouvelle forme d’institution de régulation internationale.

Partager cet article

Repost 0
Published by Katia Zhuk - dans Actualités
commenter cet article

commentaires