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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 13:08

Le 5 décembre dernier, Transparency International a publié un nouveau classement des pays selon leur indice de perception de la corruption (IPC). Celui-ci classe les pays en fonction du degré de corruption perçue dans les administrations publiques et la classe politique, corruption définie comme l'abus d'une charge publique à des fins d'enrichissement personnel.

Premier constat : le monde est toujours aussi corrompu, voire le devient de plus en plus dans certaines de ses régions. Deux tiers des 176 pays évalués obtiennent un score inférieur à 50, échelle allant de 0 (perçu comme fortement corrompu) à 100 (perçu comme très peu corrompu).

Un regard rapide sur la carte du classement permet de placer l’Union européenne parmi « les bons élèves », à côté de l’Australie, du Canada et des Etats-Unis. Le Danemark, la Finlande occupent même conjointement avec la Nouvelle-Zélande la première place avec un score de 90.

Un regard plus attentif sur la carte, et c’est sans surprise qu’on remarque que l’Union reste fidèle à son slogan « unie dans la diversité ». Là encore, les pays membres de l’Union européenne sont inégalement corrompus : de la première place du classement (les moins corrompus) des Scandinaves, en passant par la neuvième des Pays-Bas, la treizième de l’Allemagne, la vingt-deuxième de la France… on tombe à la 94ième place, occupée par la Grèce. Quelle belle déception ! Et oui, aujourd’hui, la Grèce, pays membres de l’Union européenne depuis 1981, partage la même place dans le classement de l’IPC avec le Bénin, la Colombie, l’Inde, Djibouti, la Moldavie, la Mongolie et le Sénégal… Et oui, c’est bien la Grèce, ce pays entraîné dans l’enchainement des programmes d’austérité, de privatisations massives, de baisse de salaires minimum, de lutte renforcée contre la fraude fiscale, de réduction des frais de dépense des médicaments, de baisse du budget de la Défense et bien d’autres mesures destinées à réduire drastiquement les dépenses de l’Etat.

Au cours de ces deux années et demie marquées par l'austérité, l'économie du pays s'est littéralement effondrée : le quart de la population active est désormais au chômage ; le pays rentre dans sa sixième année consécutive de récession ; la dette continue à augmenter. Á 170 % du PIB actuellement, elle devrait atteindre220 % du PIB en 2016 d'après le projet de loi qui vient d'être voté. Si on rajoute à tout cela le fait que le pays chute de façon spectaculaire dans le classement de Transparency International - de la 57ième place en 2008, à la 80ième en 2011 et à la 94ième en 2012 - on peut légitimement se poser la question de l’efficacité de ces programmes : comment des mesures visant à renforcer les mécanismes de contrôle des flux monétaires « montant » vers l’Etat,  vont de pair avec une augmentation de leur détournement à des fins d'enrichissement personnel ?

Apparemment, ces constats ne perturbent pas la majorité des députés grecs qui ont adopté le nouveau programme d'austérité le jeudi 8 novembre 2012. Restons donc dans l’attente des résultats des sondages de Transparency International 2013…

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Published by Katia Zhuk - dans Europe
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