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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 06:23

III) Faut-il craindre les BRIC’s ?

1)Les enjeux géopolitiques.

  1. Leur nouveau poids économique sert des desseins géopolitiques. Les BRIC’s souhaitent être mieux représentés dans les institutions internationales dont ils contestent la légitimité ou le mode de fonctionnement (FMI, banque mondiale, ONU) mais s’en servent pour défendre leurs intérêts (fronde à l’OMC) contre les membres de la Triade (condamnation des Etats-Unis pour leurs subventions au coton). Pour Thierry de Montbrial les BRIC’s sont les nouveaux acteurs des négociations multilatérales, Hubert VEDRINE faisant remarquer, dans son rapport entre la France et la mondialisation, « il ne s’agit pas de donner une place aux pays émergents, ils la prennent tout seuls ». Ainsi, l’Inde le Brésil et l’Afrique du Sud nouent une alliance stratégique (ISBA) pour mutualiser leurs forces sur la scène internationale, rénovant ainsi le non-alignement et contribuant à instaurer une multipolarité à la place de l’unilatéralisme actuel : discours et stratégie commune à l’OMC concernant la propriété intellectuelle ou la réforme de l’ONU. Le G5 (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Russie) critique l’accord climatique du G8 réunit au Japon au début juillet 2008. Les discussions se sont faites en partie à 13 (G8+G5) car on ne peut plus prendre des décisions mondiales dans ce domaine sans les pays émergents, ce qui n’empêche ni Pékin ni Delhi d’émettre de très vives critiques : l’éradication de la pauvreté et la croissance sont prioritaires sur l’environnement. Ils bousculent le leadership des puissances occidentales. La Russie aspire à retrouver son statut de superpuissance, c’est pourquoi V. Poutine « remet de l’ordre dans la maison » (J Sapir, ibid « Russie : retour gagnant ») car pour lui « la plus grande catastrophe géopolitique du XXème aura été la dissolution de l’Union soviétique » puis noue des partenariats industriels avec des Européens, et signe les accords de Shanghai avec la Chine. Ces accords sont un instrument pour Pékin et Moscou pour contrer l’influence américaine dans une Asie centrale qui promet d’être un nouvel eldorado pour les matières premières.

Le poids grandissant des BRIC’s provoque non seulement des tensions économiques (augmentation du prix du lait...) mais aussi géopolitiques. Le Brésil profite de ses rentrées d’argent pour liquider ses dettes auprès du FMI, et incarner un autre modèle pour l’Amérique latine que celui des Etats-Unis (cf. le consensus de Rio). L’Afrique devient un terrain d’affrontement entre la Chine et les Occidentaux, comme débouché pour les exportations et fournisseur de matières premières pour une Chine aussi prédatrice aujourd’hui que l’étaient hier les puissances occidentales. L’Afrique a une balance commerciale déficitaire depuis 2005. La Chine est le premier fournisseur de l’Afrique devant la France ou l’Allemagne et 2ème client derrière les Etats-Unis. Plusieurs centaines de milliers de Chinois y travaillent. Mais la Chine est accusée d’encourager l’endettement de pays aux finances affaiblies pour sécuriser son approvisionnement en matières premières, au mépris des droits de l’homme. Wen JIABAO « Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement ». Robert MUGABE confirme « Il faut nous tourner vers l’Est, là où le soleil se lève » : la « Chinafrique » pose problème aux Occidentaux. Son influence en Amérique latine est aussi croissante, l’essentiel des IDE chinois du secteur minier se dirigeant vers le Brésil qui est devenu son 3ème fournisseur de fer. En 2004, BAOSTEEL, CVRD et Arcelor décident de créer un complexe sidérurgique au Brésil. La présence de la Chine bouleverse les équilibres géostratégiques régionaux. La Chine : ange ou démon pour l’Amérique latine ? Une opportunité ou une menace ? L’Amérique latine s’inquiète de la voir drainer les IDE mais bénéficie des retombées positives de l’intégration de la Chine dans le commerce mondial. Mais si la Chine est une aubaine, les Latino-américains craignent d’être cantonnés dans un rôle de fournisseur de matières premières alors que les importations chinoises inondent leur marché. La Russie, la Chine sont accusées d’entretenir des relations avec des « pays voyous » comme le Soudan ou l’Iran avec qui l’Inde s’est aussi rapprochée : au conseil de sécurité ces pays sont très opposés à toute sanction contre le programme nucléaire iranien : la Russie veut coopérer au programme de nucléaire civil auquel elle peut apporter son expertise, l’Inde veut entourer le Pakistan, la Chine convoite les ressources pétrolières. Les tensions géopolitiques existent aussi entre les BRIC’s, le conflit sino-indien(1962)8 reste dans les mémoires et les élites russes se méfient de l’appétit chinois pour les matières premières d’une Sibérie où 7,5 millions de Russes font face à 130 millions de Chinois.

2) Après «le défi américain», «l’étreinte du samouraï», BRIC’s : les gagnants du XXIème siècle?

L’affirmation des BRIC’s inquiète les PDEM, car l’hégémonie occidentale sur la gouvernance mondiale est appelée à disparaître. Le monde multipolaire ne naît pas d’un choix délibéré des PDEM, mais de la volonté de puissance des nouveaux entrants. Ils ont le sentiment de conquérir leur statut et souhaitent faire respecter leurs droits. Cette revendication est très empreinte d’un esprit revanchard avec lequel il faudra compter. Ce que nous interprétons comme un monde multipolaire, d’autres le voient comme le déclin des peuples occidentaux. Alors qu’elle est la 10ème économie, la Russie ambitionne d’ici 2020 d’appartenir aux 5 économies les plus développées, grâce à un Etat omniprésent, artisan de son « retour gagnant » par l’intermédiaire d’un nationalisme économique clairement avoué. La Russie se console difficilement de sa perte de son statut impérial et a le sentiment que l’Occident n’a pas aidé à la transition russe mais a profité de la période eltsinienne pour la dépouiller sans vergogne. Quant à la Chine et l’Inde, elles tentent de retrouver la place qui était la leur jusqu’au XVIIème : c’est inquiétant pour leurs partenaires. Le DRH d’INFOSYS estime « il ne faut pas parler de pays émergents, c’est un contresens. A la limite plutôt parler de pays réémergents ». La confiance est là, l’argent aussi et les inhibitions ont disparues. Alors que la mondialisation devait être la quasi disparition des Etats, nous sommes à l’ère d’un nouveau nationalisme économique. Dans les anciens pays communistes, l’Etat est non seulement le maître d’œuvre de la politique économique mais il contrôle les secteurs stratégiques. Le « cauchemar chinois » c’est l’alliance efficace entre le communisme et le capitalisme qui donne naissance à un « hypercapitalisme » dont le mot d’ordre est la conquête du monde. Certains analystes se demandant même si le libre-échange d’aujourd’hui ne prépare pas le monopole chinois international de demain. Le mariage du despotisme et du capitalisme esquisse une alliance sino-russe qui laisse craindre une visée anti-occidentale, ces deux empires voulant s’insérer dans la mondialisation à leurs conditions (cf. Etat russe qui renégocie les accords avec firmes pétrolières occidentales) qui excluent la liberté politique et revendiquent le contrôle de l’Etat : la Russie de Poutine ressemble au « pouvoir du FSB plus le pétrole et le gaz » (N. BAVEREZ). Ce nationalisme est ressenti de manière d’autant plus agressive que la France se perçoit comme une puissance moyenne qui ne bénéficie pas vraiment de la mondialisation, et l’UE est vue comme une « puissance douce », bien faible face à la volonté de réussir des BRIC’s. Ceci explique l’écho plus fort de la peur d’être déclassé par les pays émergents.

Ce que révèle le défi chinois, et plus généralement celui des pays émergents, c’est l’incapacité des PDEM, depuis le tournant néo-libéral de 1980, à réinventer une croissance endogène, fondée sur l’amélioration des conditions de vie des populations.

Les craintes en Occident sont alimentées par les délocalisations vers les pays émergents. Les emplois de la main d’œuvre bon marché sont menacés par la compétition de celle des pays émergents. Ce lent déplacement du travail vers ces pays se fait sous l’effet de la stratégie des FMN et de leur forte croissance économique. La Chine semble « vampiriser nos emplois » : LU ferme son entreprise calaisienne en 2002 pour en ouvrir une dans l’Empire du Milieu, Arc International y redéploie ses emplois également, entre 2000 et 2007 les Etats-Unis ont perdu 3,2 millions d’emplois manufacturiers... Nos entreprises occidentales sont obnubilées par les marchés potentiels de ses colosses démographiques : en Chine 20 millions de personnes devraient acheter leur première voiture d’ici 2015 ! Et pour conquérir ses marchés d’avenir tout en limitant les coûts de production, les FMN y délocalisent aussi des emplois plus qualifiés voir des centres de recherche-développement. Cette politique économique alimente nos peurs, comme les grandes ambitions des BRIC’s. Ainsi, la Chine accueille les JO de 2008, l’exposition universelle à Shanghai en 2010, alors que l’Inde sera l’hôte des jeux du Commonwealth (2010), et la Russie des jeux de 2014.

Nos peurs se renforcent face à trois puissances nucléaires, dont la puissance militaire s’affirme, ce qui nourrit les tensions géopolitiques.

3) A –t-on raison d’avoir peur ?

Les BRIC’s ont pourtant des potentialités très disparates, et des faiblesses subsistent.

Ils ne sont pas des donneurs d’ordres et restent une périphérie. En dépit de ses efforts, Pékin n’a pas « de système national d’innovation moderne et hautement performant » et «ce n’est pas la Chine qui exporte, mais l’ensemble de l’Asie à travers elle» (L Gayer in Questions internationales, oct 05) car elle ne maîtrise pas les techniques de production (80% de la valeur ajoutée des semi-conducteurs que la Chine exporte sont d’origine importée). La Russie a besoin de la technologie occidentale pour mettre en valeur ses nouveaux gisements, et l’Inde espère être associée à des grands groupes pharmaceutiques occidentaux. Ces pays apparaissent lentement comme de faux eldorado, car les FMN ont beaucoup de problèmes avec leurs partenaires chinois, comme DANONE et sa filiale Wahaha, ou Toyota qui voit ses modèles copiés sous des marques locales. Pour réagir au danger de la copie le Japon relocalise chez lui les technologies les plus sensibles (comme les plus grands écrans extra-plat). Ces marchés d’avenir dont rêvent nos FMN tardent à se concrétiser, car la grande majorité de la population reste pauvre, et les classes moyennes préfèrent consommer des marques locales moins chères. Enfin, les pays émergents connaissent le processus classique des pays qui s’industrialisent : le coût de la main d’œuvre s’apprécie, certes lentement pour les géants démographiques, mais on ne peut ignorer les grèves pour améliorer les salaires qui touchent désormais la Chine. Les entreprises sont déjà en concurrence pour recruter la main d’œuvre rurale ce qui élève progressivement son coût, alors que l’avantage comparatif de ces pays repose sur le très faible coût d’une main d’œuvre qui ne bénéficie de quasiment aucun droit. Appliquer une législation sociale et protéger la nature nuiraient à leur économie, mais pourront-ils s’en passer encore très longtemps ? En Inde les jeunes ingénieurs ont considérablement augmenté leurs prétentions salariales. C’est donc une lente convergence avec les pays industrialisés.

Si ces géants ont des avantages qui leur sont propres, ils sont handicapés par une série de difficultés.

  1. Cadre juridique instable (les firmes occidentales l’ont constaté !), système éducatif insuffisant ou inadéquat, infrastructures lacunaires (Infosys a dû bâtir son propre campus pour former ses ingénieurs !), l’écart scientifique et technique qui sépare les pays développés des pays émergents reste considérable. Diana Hochraich (Pourquoi l’Inde et la Chine ne domineront pas le monde de demain, 07) estime que « le niveau scientifique de la Chine ou de l’Inde est à des années lumières de celui des Etats-Unis ou de l’Europe », la Chine n’ayant pas su imposer sa propre norme DVD sur son territoire. L’investissement est en général peu efficace en particulier dans les groupes publics. De plus le système chinois est affaibli par des entreprises très endettées, ce qui fragilise le système bancaire. D’une manière générale, le marché du travail est fragilisé par l’absence de garantie et de protections sociales. La mondialisation favorise certains secteurs mais au détriment d’autres. La croissance est non seulement irrégulière mais aussi très inégalitaire. Les écarts sociaux n’ont jamais été aussi considérables au sein des BRIC’s depuis 1945. En 2004, la Chine compte 14 millions de chômeurs, les XIAGANG (descendus de leurs postes de travail), qui ne sont qu’une partie des « oubliés de la croissance » avec les MINGONG (paysans déclassés des villes), les habitants des slums indiennes ou des favelas. La principale source d’inégalités est la faiblesse des revenus des paysans qui provoque un déficit de la demande d’où la limitation du marché des produits manufacturés car la faible productivité du secteur agricole ne lui permet que difficilement d’échanger ses surplus contre d’autres produits. Ces inégalités criantes au sein des BRIC’s contiennent un risque d’éclatement pris au sérieux en Chine où le gouvernement veut une société d’harmonie ou au Brésil où LULA mise sur le plan « faim zéro ». Pour M. LANDY, « on a l’impression dans le décollage de la fusée « Inde » que le premier étage est resté au sol » car l’Inde reste du mauvais côté de la fracture numérique (seul 4% des ménages ont Internet). .

 Le Brésil et la Russie sont très dépendants du cours des matières premières (J Radvani évoque le risque de « dutch disease »), le Brésil reste un «jaguar» (gestion prédatrice des ressources, infrastructures obsolètes, fortes inégalités) et cela fait tellement longtemps que l’on prédit un avenir de puissance à ce « géant endormi ». La fragilité démographique, la corruption et les inégalités hypothèquent l’avenir russe, plus grande économie à ne pas être entrée à l’OMC.

L’Inde et la Chine ont des défis communs à relever : l’unité de pays continents traversés par des lignes de fractures sensibles du fait d’un modèle multiculturel fragilisé. Ces puissances démographiques doivent éviter le «fardeau du nombre» (en préservant les atouts de la main d’œuvre et du marché intérieur) et résorber la misère. Les dégradations environnementales sont, enfin, une sérieuse menace sur l’avenir : les BRIC’s doivent transformer leur forte croissance en développement durable.

Comment réagir ?

Face au nationalisme économique, reflet d’une ambition d’un Etat qui se veut géopolitiquement puissant et dont le contrôle de ses champions est un instrument nécessaire, l’Allemagne de Madame MERCKEL déclare son intention de protéger les entreprises allemandes contre les OPA hostiles, alors que le français AIR LIQUIDE annonce qu’il se dote d’un « pilule empoisonnée » pour les éviter. Les entreprises occidentales ont tout intérêt à se conduire elles-mêmes comme des challengers en comprenant la stratégie de leurs concurrents, en augmentant leurs parts de marché dans les pays émergents.

Protéger nos entreprises et nos emplois peut aussi passer par la taxation du transport, ce qui n’est pas aberrant quand on sait que le coût du transport d’une paire de chaussettes est de 3 centimes d’euros, alors même que les porte-conteneurs sont de gros consommateurs d’énergie : ces modèles exportateurs sont-ils durables à l’ère d’une énergie chère ? Une autre piste peut être aussi une TVA sociale frappant tous les produits provenant de pays pratiquant une distorsion de concurrence, un retour à plus de protectionnisme ?

La percée des BRIC’s étonne par sa rapidité, sa globalité mais aussi par les masses en mouvement. Un « second monde » qui prend sa revanche sur le « premier monde»? Ils ne sont pas encore passés d’une croissance extensive à intensive, et leur pression sur les marchés mondiaux est source d’innovations technologiques, l’occasion de lutter contre le réchauffement climatique. Ces bouleversements obligent à une restructuration de l’économie mondiale, provoquent une incroyable redistribution des richesses, le désir de consommation des BRIC’s étant source d’une nouvelle prospérité de l’économie mondiale annonciatrice de fructueux échanges commerciaux et d’une inversion des flux financiers entre les pays vieillissants et les pays émergents. Derrière cet acronyme, c’est certainement la Chine qui suscite le plus d’admiration et de crainte. Pourtant la désigner comme bouc-émissaire est un faux-fuyant, car les EU et l’UE sont de grands bénéficiaires de la mondialisation, la perte d’emplois manufacturiers va dans le sens du processus de tertiarisation et d’informatisation de nos économies, certains emplois sont détruits au profit d’autres, et les BRIC’s ne font que reproduire ce que l’Europe et le Japon ont réalisé pendant les 30 glorieuses : remettre en cause les positions établies. Cependant la crise financière de l’été 2007 s’est étendue des EU à l’UE et au Japon et devrait concerner les pays émergents cette année, provocant une dégradation de l’activité économique sur fond de tension inflationnistes et un probable rééquilibrage monétaire. Le Sud continue sa percée car même avec une croissance ralentie, elle restera néanmoins supérieure à celle des pays du Nord. Le monde émergent est non seulement l’atelier et le grenier de la planète mais aussi son banquier : le capitalisme mondial vire au Sud. Néanmoins, la lente évolution des structures sociales et économiques rappelle qu’un long chemin reste à parcourir

BIBLIOGRAPHIE :

- Les tomes de la Géographie Universelle concernant les différents pays.

- P Gauchon et Y Gervaise, Le nouveau monde géopolitique des Amériques, PUF major, 2005.

- O Dabène, L’Amérique latine au XXème siècle, A Colin, 2005

- A Rouquié, Amérique latine. Introduction à l’Extrême- Occident, Seuil, 1987.

- P Claval, La fabrication du Brésil, une grande puissance en devenir. Mappemonde, Belin, 2004.

- J Radvanyi, La nouvelle Russie, Grasset.

- F Godement, géopolitique de l’Asie, Sedes, 2007

- C Chancel, E-C Pielberg, L’Autre mode ;Géopolitique de l’Asie méridionale et orientale, PUF major, 2005.

- P Gauchon, Inde, Chine à l’assaut du monde, Rapport Antheios 2006, PUF

- C Jaffrelot, L’Inde contemporaine, Fayart CERI, 2006.

- E Charvin, L’Inde à l’assaut du monde, Grasset, 2007.

- Hérodote, Chine, nouveaux enjeux géopolitiques, n 125, 2007.

- F Gipouloux, La Chine du 21ème siècle, une superpuissance ?, Circa, A Colin, 2005

- P Gauchon et JM Huissoud, Les grandes puissances du XXIe siècle, Rapport Anteios 2008, PUF

- Jacques Sapir, Le nouveau XXIe siècle, Seuil, 2008

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Published by Axelle Degans - dans Puissances
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