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9 juin 2008 1 09 /06 /juin /2008 15:10

Outre l’accroissement de la part du gaz russe dans ses approvisionnements, l’Union Européenne commence à s’inquiéter du resserrement du contrôle de Gazprom sur les voies d’évacuation des importations européennes.

Si aujourd’hui la France importe environ 25% de sa consommation de Russie, ce n’est pas un hasard. La main mise du gouvernement Poutine sur les outils énergétiques en Europe continue à se renforcer au travers d’opérations parfois ignorées du grand public.

C’est le cas d’un terminal pétrolier de Lettonie : Ventspils. A première vue, cette petite ville portuaire des pays baltes n’a rien d’exceptionnelle. Située à environ 160 km de Riga la capitale, et d’un peu plus que 44000 habitants, Ventspils est connue dans la région pour son festival floral et pour son maire Aivars Lembergs, magnat financier et industriel Letton.

Dans le port de Ventspils se trouve une structure assez imposante : un terminal pétrolier auquel aboutissent plusieurs oléoducs de la région, venant principalement de Russie. Ce terminal est sous le contrôle de Ventspils Nafta depuis sa création par l’état letton sous le régime soviétique, par le biais d’une entreprise enfant : Ventspils Naftas Terminals. Récemment (Octobre 2006), Ventspils Nafta a fait l’objet d’une mise aux enchères par le gouvernement Letton, jusqu’alors actionnaire majoritaire pour des raisons stratégiques. Le besoin d’argent et un nombre considérable de pressions internes et extérieures ont sans aucun doute précipité cette vente.

L’autre actionnaire de Ventspils Nafta qui avait bénéficié des opérations précédentes de privatisation est alors la LNT ou Latvijas Naftas Tranzits, avec 38% des parts. Elle voit d’un mauvais œil la cession totale des parts détenues par l’état.
D’autant plus que la société propriétaire de LNT est en fait une société nommée Ventbunkers dont les principaux dirigeants sont les ennemis politiques du maire Aivars Lembergs qui soutient totalement cette vente.

Sans rentrer dans les détails des jeux de pouvoir qui se déroulent autour de ce terminal pétrolier depuis plusieurs années, le 6 octobre 2006, la vente est finalisée par la banque d’affaires lettone Parex Bank et 38% des actions de Ventspils Nafta ainsi que 39% des actions de Ventspils Naftas Terminals sont vendues à un groupe hollandais qui n’a apparemment manifesté son intérêt que 48 heures avant la clôture de la vente : Vitol.
Les acheteurs potentiels de longue date tels que le groupe pétrolier polonais PKN sont laissés sur le banc de touche à la surprise de toutes les parties.

Vitol est un des groupes les plus importants sur le marché du « trading » d’énergie avec un chiffre d’affaires en 2006 de 113 milliards de dollars américains (à noter que le besoin en fond de roulement du groupe génère ce chiffre mais que les bénéfices nets du groupe sont d’environ 850 millions d’euros en 2006).
Aucune donnée concrète n'est connue alors sur Vitol mis à part quelques documents officiels ne donnant jamais plus de 2 ou 3 noms et leur site internet.

Dans les semaines qui suivent, Vitol utilise une société enregistrée à Chypre pour acheter 49% des parts de Ventspils Nafta et Ventspils Naftas Terminals, devenant ainsi l’actionnaire majoritaire et poussant petit à petit Ventbunkers et les autres actionnaires vers la porte de sortie.

Parmi les milieux d’affaires lettons, les rumeurs vont bon train. Mais celle qui sera retenue est que Vitol est en fait une société écran pour des intérêts Russes. Le fait largement connu dans la région que la Banque Parex abrite au sein de son administration des ex-membres du FSB/KGB ne fait que donner plus de force à la rumeur.

Lorsque des atouts énergétiques européens (car oui la Lettonie est européenne depuis mai 2004) sont pris d’assaut par la Russie par le biais de moyens détournés, on peut se demander quel avenir a notre indépendance énergétique ? Comment assurer à nos générations futures une sécurité énergétique lorsqu’on voit que la part des exportations russes (officielles ou officieuses) ne cesse de grandir d’année en année ?

Une affaire à suivre.

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Published by Anonyme - dans Europe
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commentaires

administrateur 04/07/2008 09:09

Une critique est toujours bienvenue lorsqu'elle est constructive.
Pour ce qui est de l'orthographe, cet article a sans doute été publié un peu vite. C'est corrigé (enfin, j'espère ne rien avoir oublié).

Astyan 04/07/2008 00:42

Bon, désolé pour le commentaire pas forcément sympathique, mais il fallait que je fasse la remarque : si l'article est relativement intéressant et propose des informations dignes d'intérêt, on peut en dire autrement de la syntaxe, de l'orthographe (une belle série de fautes ignoble) ainsi que de quelques tournures de phrase et autres expressions pseudo journalistiques (les rumeurs "vont bon vent" ? J'aurais dit "vont bon train", mais bon, à moins que ce soit une expression grenobloise). De même, il serait louable d'avoir droit à une police un peu plus sérieuse ainsi qu'à des paragraphes justifiés.

Oui, je sais, ça fait toujours prétentieux et c'est pas agréable à lire, mais on est en droit d'attendre mieux pour le blog géopolitique de la fameuse ESC Grenoble, non ? Je poste ça avec l'unique et sincère but de vous aider à vous améliorer. Et puis vous pourrez me gifler pour vous venger si je suis admis en deuxième année, les résultats sont publiés ce soir. xD