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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 16:00

En cette période de changement d’année, il est d’usage paraît-il de faire le bilan de l’année écoulée et de se laisser aller à esquisser les perspectives et les enjeux de l’année à venir.  le moment est en effet propice à la réflexion et à la prospective.

 

De fait 2012 aura été une année d’échéances électorales majeures. « Majeures » car nombreuses et parce qu’elles concernaient un certain nombre de grands pays de ce Monde. Pour les citer dans l’ordre chronologique : Russie, France, Etats-Unis, Chine et Japon. Tous ces pays ont été mobilisés politiquement en 2012. Retour sur une année d’échéances électorales majeures.

 

Russie tout d’abord, en mars 2012, Vladimir Poutine, retrouve sa place au Kremlin après avoir été contraint de la laisser, le temps d’un mandat, à Medvedev. Election largement contestée dans le pays comme  l’a illustré l’  « incident » des Pussy-Riot, pour ne citer que le plus médiatisé d’entre eux. Cette élection à surtout entériné l’ancrage de V.Poutine dans le pays, illustrant à merveille la difficulté que rencontre la Russie à se couper de son histoire politique. V. Poutine, avec sa poigne de fer, entend bien (re)faire de la Russie une grande nation, quitte à sacrifier les aspirations d’une partie de sa population et à renier un peu la démocratie, de toute façon fragile. Le retour de cet ancien du KGB signifie également la poursuite de la mise en dépendance de l’Europe (de l’est surtout) vis à vis de la Russie du fait des ressources en gaz essentielles pour les économies européennes. A celles- ci s’ajoute un nouveau levier d’action pour le Kremlin : Un vaste et dense tissu de chemin de fer se développe dans la lignée du transsibérien afin de relier l’Asie et l’Europe. Ce nouveau dispositif permet le transport de marchandises à un cout 2,1 fois moins élevé que celui du fret maritime (sources : Bloomberg BusinessWeek). La solution a connue et connaît un engouement majeur, y compris de la part de l’Allemagne, conférant de facto un nouveau moyen de pression à l’administration Poutine. Cette élection russe, aux relents nationalistes, n’aura au fond et sans surprise pas été une élection de rupture mais plutôt une élection de continuité. En effet le système Poutine en place depuis 1999continuera certainement d’avoir une influence même quand ce dernier aura quitté le pouvoir.

 

Ensuite est venu le tour de la France en mai 2012. Si cette élection se distingue de la précédente et de celle américaine par le fait qu’elle a abouti à une alternance, il n’en demeure pas moins que la transition et le changement  annoncés n’ont pas été aussi nets qu’escompté. Force est de constater que cette volonté s’est heurtée au contexte économique et politique Européen. Ce qu’il faudra retenir de cette élection plus que l’alternance c’est l’ascension fulgurante du FN et le fait qu’une fois encore, comme depuis plusieurs années maintenant, la sphère politique est dans l’incapacité de fournir des réponses crédibles à un monde économique en perpétuel changement. Enfin, plus flagrant et peut être plus dramatique encore, il aura été alarmant de voir à quel point la France a perdu du terrain sur l’échiquier politique européen (en 2012). L’attitude de l’Allemagne, dont les échéances électorales arrivent aussi, aura été en ce sens très signifiante.

 

Après la Russie en mars, la France en mai, est venu le tour des trois autres géants de ce monde : Les Etats Unis, la Chine et le Japon.

 

Les Américains auront été les premiers à s’exprimer. Après une campagne à l’assiette financière sans précèdent où B.H.Obama a effectué un parcours caractérisé par la plus grande prudence, le Président sortant aura été reconduit à la tête de la Maison Blanche. La transition est donc quasi indolore et ne laisse pas envisager de grands changements. Certes, B.H.Obama réalisant son dernier mandat n’aura pas la préoccupation de sa réélection, mais il n’en demeure pas moins qu’il se devra d’assurer la réélection de son parti et de préserver son champ d’action à l’horizon des midterm. Reste encore à « négocier » avant mars avec les Républicains pour le Fiscal Cliff.  En effet l’administration Obama reste pieds et points liés au compromis qu’elle a fait en temps de crise et notamment au travers de l’accord in extremis pour éviter le Fiscal Cliff début janvier. Les Etats Unis, dont on annonce des perspectives de croissance de 1,5 à 2%, sont confrontés à des problèmes internes profonds qui nécessitent une action de fond si le pays veut consolider sa position dans les années à venir.

 

Les Chinois auront été l’autre grande puissance de ce monde à s’exprimer lors des élections présentielles d’octobre dernier. Xi Jinping est donc le prochain Président du pays puisqu’il a été désigné secrétaire général du Parti Communiste Chinois. Si sa prise de fonction réelle ne se fera qu’en mars prochain, il n’en demeure pas moins que les défis auxquels il aura à faire face pèsent déjà sur ses épaules. Le premier d’entre eux : assainir les bases du pays et donc lutter contre la corruption qui gangrène le pays. Le second : être l’instigateur de la politique étrangère de la Chine du XXIème siècle. La Chine doit oublier la perspective d’être le seul leader mondial dans les années à venir. Ce qui était jadis possible ne l’est manifestement plus aujourd’hui.

 

Le Japon enfin, le pays du soleil levant, s’est également rendu aux urnes. Après le traumatisme de Fukushima, en période de tensions avec la Chine au sujet des iles de l’archipel Senkaku (appellation nippone), et sur fond de dette abyssale et rémanente, le contexte ne pouvait qu’influencer l’élection. Au final, Shinzo Abe, du Liberal Democratic Party a fait son retour au pouvoir et cela sans grandes surprises. Son objectif, s’il n’est pas clair s’agissant des moyens, est toutefois simple à comprendre : il s’agit de « restaurer la puissance du Japon ». Pour se faire, il prévoit notamment de modifier l’article 9 de la Constitution du pays qui empêche, actuellement, le japon d’entrer en Guerre (source Asia Sentinel). En ce sens, sans rentrer dans la qualification de cette action, nous avons un peu plus de visibilité sur les moyens. Force est de constater que l’un des enjeux majeurs pour le pays est aussi (et surtout), dans un contexte ou la puissance s’exprime davantage en termes économiques qu’en termes militaires, de lutter contre la déflation qui plombe le Yen. Voici donc, en résumé, les deux enjeux majeurs pour le pays.

 

2012 aura donc été une année exceptionnellement riche en terme d’échéances électorales. Toutefois toutes ces élections ont pour similitude le fait qu’elles ne changent pas grandement la donne au plan national pour chacun des pays concernés. Ceci étant, il s’avère que leur portée aura davantage de force sur le plan international en ce sens qu’elles sont susceptibles d’influencer l’équilibre géopolitique de l’année à venir. Preuve donc que nous vivons dans un monde et un environnement toujours plus complexe et que raisonner au seul plan national n’est pas, ou plutôt n’est plus, la meilleure façon de comprendre notre monde.

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Published by Ugo Mahin - dans Actualités
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