Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 14:15
« La géopolitique…a pour objet l’étude des rivalités territoriales de pouvoirs et de leurs répercussions dans l’opinion » (Yves Lacoste) (1)

 L’Inde constitue pour une telle étude un laboratoire fascinant. Voilà en effet un Etat qui rassemble le sixième de l’humanité et résulte d’une histoire millénaire marquée par de multiples contacts avec des puissances extérieures qui ont chacune laissé leur empreinte : c’est donc un monde extraordinairement divers. La gestion de cette complexité pose de redoutables problèmes de géopolitique interne. Cet Etat pèse par ailleurs très lourd au sein du quasi-continent dans lequel il s’inscrit : le contrôle-t-il pour autant ? Il s’est fait enfin le champion de la sécurité collective et du non-alignement : cette posture géopolitique externe est-elle en rapport avec les données précédentes ? Que devient-elle à l’heure de la mondialisation ?

UNE OU DES INDES ?

Carte de l'Inde (cliquez sur connexion en tant qu'invité pour accéder au document)
 Sur une superficie qui équivaut à six fois la France vivent aujourd’hui plus d’un milliard d’habitants. La population indienne est extraordinairement variée à tous égards, en raison des distances (le Nord du Cachemire est aussi éloigné du cap Comorin, à l’extrême Sud, que Narvik de Naples, les frontières pakistanaise et birmane autant que Brest de la Moldavie) et des intenses brassages migratoires et contacts avec le monde extérieur que l’espace indien a connus au fil des siècles.
Le peuplement « aryen » de la moitié Nord contraste avec la majorité dravidienne au Sud. Les différences physiques se doublent de contrastes linguistiques : au Sud, « la population est de couleur plus sombre et les langues ont peu de rapports avec le sanskrit » (2). Une multitude de nuances compliquent ce contraste : même au Nord, après les migrations venues de l’actuel Iran, certaines régions sont restées majoritairement peuplées par les habitants d’origine, les « adivasi ». Leurs descendants se distinguent tant du point de vue linguistique que social et religieux. Ces « populations tribales », très hétérogènes, sont dispersées dans les espaces difficiles d’accès.
Les religions contribuent aussi à faire de l’Inde une mosaïque : si l’hindouisme est religion majoritaire, on compte aussi 120 à 140 millions de musulmans, ce qui fait de l’Union indienne le troisième ou quatrième pays d’Islam au monde. S’ajoutent à eux des millions de chrétiens et de sikhs, sans compter les communautés plus réduites : parsis, bouddhistes... Ces identités religieuses prennent une signification géopolitique quand leur distribution n’est pas homogène dans l’espace indien : les sikhs sont majoritaires au Pendjab, les musulmans au Cachemire, les chrétiens très nombreux au Kerala, ce qui contribue à l’affirmation d’identités régionales qui peuvent se dresser contre le pouvoir central. Ajoutons enfin que la diversité des langues (on en compte 1 600, dont 18 ont statut de langues officielles) et des traditions fait du pays un kaléidoscope de cultures (3).
 C’est pour tenir compte de ces réalités que la Constitution de 1950 a fait de l’Inde une Union comptant aujourd’hui 28 Etats qui s’administrent largement et 7 petits territoires de l’Union plus dépendants du « Centre » (le gouvernement central installé à New Delhi) en combinant les différences linguistiques avec les autres traits qui individualisent des territoires. L’Union a démenti les Cassandre qui prophétisaient après 1947 une rapide implosion. Mais la compétition entre le Centre et les Etats pour fixer le rôle respectif de chacun, entre Etats pour se répartir les ressources gérées par New Delhi, n’a jamais cessé. Et les tensions s’accentuent depuis un quart de siècle. Comme partout, l’accélération de la croissance économique à laquelle on assiste depuis 1991 creuse les inégalités entre les régions bénéficiaires -pour l’essentiel, les villes et littoraux les plus ouverts à l’échange international, de New Delhi au Sud via Bombay (rebaptisée Mumbaï) - et les secteurs en marge, au Centre-Nord et à l’Est. Ce qui favorise les revendications d’autonomie voire les séparatismes, en particulier au Nord-Est, excentré, mal relié au reste du pays par l’étroit corridor de Siliguri et peuplé de populations tibéto-mongoles largement christianisées qui s’estiment délaissées par le Centre. Surtout, le phénomène planétaire qu’est la montée en puissance des fondamentalismes religieux n’épargne pas l’Inde : le nationalisme hindou qui prétend identifier la nation à la religion, le radicalisme musulman et celui des Sikhs qui revendiquent, pour certains, l’indépendance du Pendjab se répondent en miroir. Les heurts entre communautés se multiplient à la suite de l’assaut donné par l’armée au Temple d’Or des Sikhs à Amritsar en 1984, puis après la destruction de la mosquée construite par l’empereur Babur à Ayodhya par des fanatiques hindous. Le Centre doit sans cesse composer avec les intérêts locaux pour préserver l’unité de l’Union : de fragiles équilibres restent à la merci de provocations pouvant à tout moment dégénérer en d’incontrôlables flambées de violence.

L’ASIE DU SUD : UNE « CHASSE GARDEE » ?


 La géopolitique interne de l’Inde renvoie pour une part aux relations avec ses voisins d’Asie du Sud. Ce quasi-continent, relativement isolé du reste de l’Asie par les mers qui l’entourent sur trois côtés et la barrière himalayenne au Nord, est incontestablement dominé par l’Inde : elle représente les trois quarts de l’espace, des populations et PNB cumulés des huit Etats qui se partagent cet espace. L’influence indienne est pourtant contestée et les rapports difficiles avec les voisins font écho aux clivages internes.

 La question majeure est depuis l’indépendance celle des rapports avec le Pakistan. Revendiquée depuis les années 1930 par la Ligue musulmane animé par Mohammed Ali Jinnah, la création d’un « Etat des purs » rassemblant les terres à majorité musulmane du Raj britannique fut acceptée la mort dans l’âme par un parti du Congrès qui rêvait pour sa part d’une Inde unie et sécularisée- même si une fraction nationaliste entendait, elle, placer l’Inde indépendante sous le signe exclusif de l’hindouisme. Elle s’est accompagnée en 1948 d’un bain de sang lors des gigantesques transferts de populations qu’impliquait la Partition : plus de dix millions de sikhs, d’hindous dans un sens et de musulmans dans l’autre ont dû franchir la nouvelle frontière, laissant derrière eux leur terre et, trop souvent, des proches massacrés par des foules ensauvagées (en dépit des clichés, l’Inde peut être aussi terre de violences). Le traumatisme qu’a représenté cette épuration ethnique avant la lettre n’a jamais été oublié.
D’autant qu’il a immédiatement trouvé à se cristalliser sur la question du Cachemire. Ces 200 000 km2 de hautes terres sont peuplés aux trois quarts de musulmans en 1947 mais une dynastie hindoue y règne. Au moment de la Partition, le maharaja, menacé par des tribus venues du Pakistan, demande le rattachement de sa principauté à l’Inde. Contre lui, un gouvernement dissident se rend maître du Nord de la province, qu’occupe l’armée pakistanaise tandis que les forces indiennes prennent position au Sud. Les deux armées s’affrontent durant plusieurs mois avant qu’un cessez-le-feu négocié sous l’égide de l’ONU n’entérine en 1949 une division de facto du Cachemire contre la promesse, jamais tenue, d’un retrait des troupes suivi d’un référendum d’autodétermination. Depuis, la région reste une pomme de discorde entre les deux voisins. Le conflit a rebondi en 1965, 1971 et 1999, sans rien modifier : l’Inde en contrôle les deux tiers, avec notamment la fertile vallée de la Jehlum, tandis que le Nord-Ouest montagneux est rattaché au Pakistan. Dans l’Etat indien du Jammu-Cachemire des mouvements plus ou moins radicaux contestent la présence indienne, les uns voulant un Cachemire indépendant tandis que d’autres souhaitent le rattachement au Pakistan : New Delhi soupçonne derrière tous la main d’Islamabad.
De 1948 à 1991, les tensions internationales ont aggravé les dissensions entre les deux pays : tandis que le Pakistan était soutenu par Washington, dans le cadre d’une stratégie de « containment » (endiguement) du communisme consistant à encercler l’empire continental des Soviets par la mer, de l’Europe atlantique à l’Asie du Sud-Est.
Quand Pékin devient à son tour un fidèle soutien du Pakistan, peu après le schisme sino-soviétique de 1960, l’Inde glisse du non-alignement proclamé à l’origine par le « Père de la Nation », Nehru à un étroit partenariat avec Moscou, cultivé surtout par sa fille Indira Gandhi à partir de 1971 : le soutien de l’Inde à l’indépendance du Pakistan oriental l’entraîne alors dans un nouveau conflit contre Islamabad. Ce jeu d’alliances a nourri la course aux armements entre les deux rivaux, facilitant leur accès à l’arme atomique.
La disparition de l’Union Soviétique en 1991 et la priorité accordée par Washington depuis 2001 à la lutte contre le terrorisme international créent un climat nouveau : l’Inde se réconcilie avec des Etats-Unis qui, après l’avoir beaucoup soutenu, se défient désormais d’un Pakistan suspecté à la fois de contribuer à la prolifération de l’arme nucléaire (vers la Corée du Nord, notamment) et de complaisance islamiste (de larges fractions de l’opinion et de l’appareil d’Etat sont en effet acquis à ses thèses). Ce contexte favorise la détente entre les « frères ennemis ». En 2005, la « diplomatie de l’autobus » rétablit un lien entre les deux parties du Cachemire ; des conversations s’engagent pour régler l’attribution des eaux de l’Indus et construire en commun un gazoduc depuis l’Iran. L’apaisement reste fragile cependant : à l’occasion d’un attentat à Bombay en juillet 2006, des officiels indiens incriminent des groupes terroristes opérant au Cachemire mais basés au Pakistan.
 Il en va de même dans la véritable guerre civile qui déchire le Sri-Lanka depuis 1983 : le gouvernement central cinghalais affronte une guérilla tamoule qui l’accuse d’ignorer les droits d’une minorité par ailleurs largement hindoue dans un pays majoritairement bouddhiste. L’Inde est directement impliquée : les guérillas tamoules ont des bases arrières dans l’Etat indien voisin du Tamul Nadu, où les partis régionalistes sont puissants. Cela a poussé New Dehli à tenter de contribuer au règlement de la question, par l’envoi en 1987 d’un corps expéditionnaire destiné en principe à imposer une trêve entre les deux camps. Mais ce fut un échec (il coûta la vie à Rajiv Gandhi, assassiné en 1991 par un commando de Tigres tamouls ulcérés par le retrait indien) et malgré des espoirs d’apaisement en 2005, le conflit reste pendant aujourd’hui.
« L’étranger proche » de l’Inde n’est pas davantage stabilisé au Nord : le roi du Népal est contesté par une guérilla maoïste qui a des ramifications dans certaines régions rurales de l’Inde ; les mouvements séparatistes qui secouent les Etats périphériques du Nord-Est chevauchent les frontières de l’Inde, de la Birmanie, du Bangladesh, dans des confins d’une invraisemblable complexité ethnique. Bien que l’Inde l’ait aidé à naître, les rapports avec le Bangladesh sont loin d’être harmonieux : les deux pays se disputent les eaux du Gange ; l’afflux d’immigrants bangladais en Inde et l’accueil par le Bangladesh de séparatistes du Nord-Est indien suscitent des tensions de pat et d’autre de la frontière.
 Ces contentieux, joints à la faible complémentarité d’économies par ailleurs de poids trop inégaux, font que l’entente économique locale, l’Association de Coopération Régionale en Asie du Sud (SAARC), peine à se concrétiser depuis sa création en 1985. A titre d’exemple, l’Inde a aujourd’hui pour principal partenaire commercial, non ses voisins, mais l’Union Européenne, suivie de la Chine et des Etats-Unis. Ce qui renvoie à la dimension planétaire de la géopolitique indienne.

DU TERRITOIRE AU MONDE


 Quand elle accède à l’indépendance, les dirigeants de l’Inde jugent qu’elle est, malgré sa pauvreté, « potentiellement…une grande nation et une grande puissance » (4). Ils tirent argument de son étendue, de sa démographie, de l’ancienneté de sa civilisation. Si sa position péninsulaire le prédispose à se tenir à l’écart des querelles internationales, la position de carrefour du pays, entre Europe, Afrique et Asie, en fait depuis des millénaires un espace d’échanges et d’affrontements, ce qui a nourri une vocation à l’universel (5). Les dirigeants du Congrès ont combattu sans faiblesse la présence anglaise mais ne souhaitent pas pour autant répudier tout ce qu’elle a légué : plus que l’hindi, mal accepté au Sud, l’anglais reste la langue commune aux élites ; la culture démocratique est préservée ; s’ils donnent une large part à l’Etat, les choix de développement préservent la liberté d’entreprise ; l’Inde rejoint le Commonwealth...Pays pauvre, à la fois libéral et « socialiste », asiatique, anglophone : « le génie de l’Inde » combine des identités multiples.
 Ces données conduisent à une posture diplomatique longtemps immuable : à l’heure où débute la Guerre Froide, défiance à l’égard des grandes puissances, que l’on espère contrer en s’appuyant sur l’unité présumée du Tiers Monde et le non-alignement ; active participation à l’ONU, censé préfigurer le « One-World » laissant à chaque nation sa voie auquel aspire Nehru. Cette diplomatie planétaire aussi pour avantage de relativiser le « tête-à-tête dramatique » avec le voisin pakistanais et de renforcer au passage la cohésion nationale : rien de tel que la « grandeur » pour éteindre les discordes intérieures, le précepte gaullien vaut pour l’Inde. Sur le plan économique, cette posture s’accompagne d’une participation à minima aux jeux de l’échange international, dominés, juge-t-on, par les pays riches.
Pour n’être pas négligeables, les résultats ne sont pas à la hauteur des ambitions. L’Inde des années 1950 devient certes l’un des grands leaders du Tiers Monde, Nehru se veut le champion du « réveil asiatique » à la conférence de Bandoung en 1955.
Cependant, les décennies suivantes lui valent de brutales déconvenues : en 1962, la brève guerre perdue contre une Chine qui conteste la frontière établie par l’Angleterre en 1914 (ligne Mac-Mahon) confirme que l’unité du monde pauvre reste un vœu pieux, même à l’échelle de l’Asie ; les difficultés agricoles de 1965 ne sont surmontées que grâce à l’aide américaine et le « taux hindou de croissance », bloqué à 3,5% l’an, ne permet pas d’arracher le pays à la pauvreté ; le Pakistan reste une menace et le rapprochement sino-américain qui s’amorce en 1971 isole encore un peu plus l’Inde, avant que le déclin puis la disparition de l’Union Soviétique ne la privent de son principal appui, vidant le slogan de non-alignement du peu de crédibilité qui lui restait.

 C’est dans ces conditions que le pays engage à partir de 1989-91 une profonde adaptation de sa politique étrangère. Elle est parallèle à l’abandon de la « voie indienne » en économie, sous l’impulsion de Manmohan Singh. Les nouvelles équipes qui accèdent au pouvoir, quels que soient les aléas politiques, donnent la priorité à la libéralisation et à l’ouverture de l’économie- avec de probants succès (6). Les proclamations de solidarité avec un Tiers Monde qui a visiblement éclaté se font discrètes ; priorité est donnée au renforcement de la sécurité du pays via l’effort militaire (accès officialisé à l’arme nucléaire en 1998, développement de la marine de guerre) accompagné d’un rapprochement avec des Etats-Unis soucieux également d’équilibrer la montée en puissance de la Chine. La reprise récente du dialogue avec les voisins pakistanais et chinois vient compléter cette stratégie. « L’Inde qui brille » n’entend pas pour autant répudier ses ambitions planétaires : comme on l’a vu à travers l’aide apportée à ses voisins lors du tsunami de 2004, elle accroît sa présence dans l’océan Indien , souhaite renforcer ses liens avec l’Asie orientale (c’est la « Look East Policy », qui se traduit par un spectaculaire essor des échanges avec la Chine et un partenariat avec l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est) sans négliger pour autant les autres pôles de puissance –le Brésil, l’Afrique du Sud, la Russie, l’Union Européenne, où, sur le plan bilatéral, Allemagne, Royaume-Uni et France sont les principaux partenaires. Elle sollicite, en liaison avec le Japon et l’Allemagne, un siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU et demeure très active au sein des organismes internationaux - de nombreux Indiens y travaillent, à l’instar du Premier Ministre actuel, un économiste sikh issu du Congrès, Manmohan Singh qui fut en charge du commerce Nord/Sud à Genève. A l’Organisation Mondiale du Commerce, de concert avec le Brésil, elle tâche d’obtenir pour ses agriculteurs un accès élargi aux marchés des pays riches.

Conclusion

 Au total, les gouvernements de l’Inde sont parvenus à préserver l’unité du territoire issu de la Partition par des stratégies qui combinent, comme toujours, des échelles diverses. La démocratie indienne fait droit aux nombreux et vivaces particularismes locaux ; l’espace et le nombre font de l’Inde la grande puissance d’Asie méridionale, même si elle doit compter avec le rival pakistanais ; par une active diplomatie planétaire, ses dirigeants entendent à la fois dépasser les questions qui se posent aux plans national et régional et concrétiser la vocation universaliste qu’ils accordent à leur pays. Un entrelacs complexe d’enjeux matériels et symboliques mêlant étroitement dimensions internes et externes commande ainsi les géopolitiques de l’Inde. L’unité a été préservée, l’heure est, semble-t-il, à l’apaisement des conflits régionaux, l’influence internationale grandit à nouveau, sur des bases renouvelées. L’Etat-civilisation qu’est l’Inde semble, par bien des côtés, très en phase avec le processus de mondialisation : le XXIème siècle sera-t-il celui de l’Inde, comme l’affirment aujourd’hui bien des voix, tant en Inde qu’au sein de la brillante diaspora d’hommes d’affaires et d’intellectuels installée en Europe et en Amérique du Nord ?




NOTES

(1)Y.Lacoste (direct.), Dictionnaire de géopolitique, Flammarion, 1993, préambule, page 30.
(2)F.Durand-Dastès, Géographie de l’Inde, PUF, collect. Que sais-je, édition 1997
(3)    foisonnement dont le numéro 864 de la revue Europe consacré aux « littératures de l’Inde », au pluriel, donne une parfaite illustration, avril 2001.
(4)    Nehru, propos tenu devant le Conseil indien pour les affaires mondiales, cité dans C.Jaffrelot (direct.) , L’Inde contemporaine, Fayard, 1996, page 139
(5)    Gandhi : « Je veux penser en termes de monde comme un tout. Mon patriotisme intègre le bien de l’humanité en général» Propos rapporté par Nehru dans sa Discovery of India publiée en 1946. Même source, page 138
(6)    voir J.J.Boillot, L’économie de l’Inde, La Découverte, collect. Repères, 2006



GEOPOLITIQUES DE L’INDE : CHRONOLOGIE


  • 1947 : indépendance et Partition
  • 1948 : première guerre indo-pakistanaise à propos du Cachemire
  • 1955 : l’Inde reconnaît l’indépendance du Népal
  • 1962 : guerre sino-indienne
  • 1971 : conflit Inde/Pakistan après que celle-là ait apporté son soutien militaire aux partisans de l’indépendance du Bangladesh ; traité d’amitié avec l’URSS
  • 1984 : l’armée indienne investit le Temple d’Or d’Amritsar ; un garde sikh assassine Indira Gandhi ; émeutes anti-sikhs à New Dehli
  • 1991 : l’Inde libéralise son économie
  • 1992 : destruction de la mosquée d’Ayodhya et violences intercommunautaires
  • 1998 : le parti nationaliste gouverne l’Inde ; essais nucléaires indiens et pakistanais
  • 1999 : affrontements indo-pakistanais autour de Kargil au Cachemire
  • 2000 : visite du président Clinton en Inde ; 1er sommet Inde/Union Européenne
  • 2002 : les nationalistes hindous orchestrent un pogrom antimusulman au Gujarat
  • 2003 : rapprochement sino-indien ; Cancun : à l’OMC, l’Inde impulse la création du G20
  • 2004 : le Congrès revient au pouvoir
  • 2005 : accord Inde/Pakistan sur le Cachemire
  • 2006 : accord indo-américain sur le dossier nucléaire



POUR APPROFONDIR


P.Dallenne et A.Nonjon (direct.), L’espace mondial, fractures ou interdépendances ?, Ellipses, 2005, chapitre III, partie IV, pages 779 à 793.
M.Foucher, (direct.), Asies nouvelles, Belin, 2002 (chapitres 5 et 31 à 34)
Jaffrelot (direct.), L’Inde contemporaine, de 1950 à nos jours, Fayard, 1996 (notamment les chapitres VI à XIII)
Y.Lacoste( direct.), Dictionnaire de géopolitique, Flammarion, 1993 (articles : Asie du Sud, Cachemire, Inde - pages 758 à 786-, SAARC, Sri Lanka…)
J.L.Racine, « L’Inde et ses territoires : questions géopolitiques », dans Historiens et géographes N° 356, spécial sur l’Inde, février-mars 1997
site internet de l’Institut Français des Relations Internationales : www.ifri.org (page du Centre Asie)




L'AUTEUR


Christian Bardot, agrégé d’Histoire, professeur de chaire supérieure en classes préparatoires au lycée Jacques Amyot, Melun juin 2007

Partager cet article

Repost 0
Published by Christian Bardot - dans Asie
commenter cet article

commentaires

Astyan 04/07/2008 01:04

Excellent article, très bien documenté et très bien écrit. Je suis curieux de savoir qui de la Chine ou de l'Inde aura finalement marqué le XXIème siècle, au tournant du prochain (à moins que des bouleversements majeurs ne viennent atténuer l'émergence de ces deux grands d'ici là). La Chine en marque indubitablement le début et ne peut qu'y laisser son empreinte, mais l'Inde a un grand rôle à jouer dans les décénnies à venir.

bardot 16/12/2007 12:03

L'auteur de cet article signale la parution en septembre 2007 de son livre sur l'Inde et le monde intitulé : L'Inde au miroir du monde. Géopolitique, démocratie et développement de 1947 à nos jours; Editions Ellipses. 14,50 euros.
Ouvrage destiné en particulier aux ecs

David 21/11/2007 10:33

Bonjour, j'ai trouvé votre site très intéressant, j'aimerais savoir, si vous souhaiteriez rejoindre une communauté veille stratégique sur over-blog.